Village de Castagniccia dans la pieve de Vallerustie. Situé à 900m d’altitude, sur un piton rocheux exceptionnel, Carticasi sera ravi de vous accueillir. Que vous décidiez ou non de franchir la toile et de vous enivrer des parfums du maquis, n’hésitez pas à visiter le site.
Soixante mille. C’est le nombre d’animaux qui seraient en divagation en Corse, pour reprendre le chiffre avance par Serena Battestini dans sa question orale de ce jeudi à l’assemblée de Corse : « La question récurrente de la divagation animale met manifestement en relief ce qu ‘est la Corse assujettie à un système de dépendance et d’abandon : un pays sous-développé. » Le mot est lâché, et le constat implacable. Car, dans une île de 350 000 habitants, la proportion de ces animaux est en effet à nulle autre région pareille : « Actuellement, ce sont 60 000 animaux divagants dénombrés, 30 000 censés appartenir à des propriétaires et 30 000 présentés comme ensauvagés. » Dans son propos, l’élue est lucide sur la répartition des responsabilités, et de leur application effective : « Faire du maire le seul responsable de la situation relève de l’irresponsabilité. Aujourd’hui, l’organisation territoriale de la Corse, régie selon le principe de libre administration des collectivités, avec tout ce que cela suppose en termes de coordination et de synergie des différentes institutions concernées, implique que ce grave problème soit enfin pris a bras-le-corps. et dans sa globalité. » Car ce problème dépasse la simple question agricole, et se propulse dans la catégorie des problématiques de sécurité publiques. avec son lot de victimes dont la liste ne cesse de s’allonger. « Quand comptez-vous faire reconsidérer le poids de la vie humaine au bord des routes, mais aussi dans nos pievi et paesi ? Quel plan réel de sécurité pourra être enfin mis en œuvre ?››, ajoute Serena Battestini.
C’est le président de l’0darc, Dominique Livrelli, qui a pris la parole pour la réponse: « Depuis deux ans. nous avons avancé sur le dossier Une personne est chargée d ‘aller sur le terrain rencontrer les présidents d’interco, et nous avons ciblé un certain nombre de territoires pour de nouvelles mesures, a-t-il exposé, dans le Niolu par exemple, et prioritairement la commune de Casamaccioli. À l’échelle de la commune, nous recensons les divers problèmes rencontrés, tels que la divagation ou les retours d’estive. Cela nous permettra d’identifier les terrains qui posent problème et les propriétaires, afin de leur proposer des solutions. » S’en est suivie une liste de moyens qui seront mis en œuvre, et pourront être appliqués à d’autres territoires. Parmi ces solutions, l’installation de clôtures béliers périphériques aux abords des zones stratégiques, telles que les routes, l’accompagnement de la réforme des animaux non productifs afin d’éviter les abandons. ainsi qu’un ensemble d’aides pour l’installation de clôtures dans les exploitations. Mais la réponse apportée concerne les animaux identifiés. Pour ceux ensauvagés, Dominique Livrelli a déclaré, à juste titre, qu’ils ne relevaient pas de la compétence de l'()darc. Une réponse partielle à un problème global apportée par l’exécutif. Sans doute aurait-elle pu être donnée par un conseiller, ou un président, aux prérogatives plus large que la seule thématique agricole.
Quid des animaux ensauvagés ?
Un discours qui n’a pas satisfait, loin s’en faut, les membres de l’association Cambià Ava, venus assister à la session : « Nous sommes déçus de cette réponse qui ne concerne que le volet agricole de la question. Elle avait d’ailleurs déjà été posée l’an passé, et la même réponse y avait été apportée, s’agace Marilyne Taddei, présidente de l’association Cambià Ava. et, une fois de plus, les victimes ont été complètement éludées. Pas un mot à leur sujet. Nous aurions aimé une réponse pour les animaux sauvages. Mais aussi et surtout pour les victimes et la sécurité de tous les citoyens » L’indemnisation des victimes relève, dans le cas d’animaux sauvages, le plus souvent du parcours du combattant. La reconnaissance des victimes permettrait, pour l’association, de mieux assurer leur prise en charge, tant du point de vue financier que de la santé. L’association attendait donc un autre type de réponse. et une autre interlocutrice : « Nous pensions que ce serait Madame Fazi qui nous répondrait, car c’est une question qui relève de la sécurité et de la santé publique. En nous donnant cette réponse partielle, en nous éludant, on nous marginalise ». s’indigne Marilyne Taddei. L’association travaille désormais Sur une motion qui permettrait la reconnaissance des victimes ainsi que leur prise en charge. « Nous organisons aussi une réunion le 14 décembre à Porto-Vecchio : nous ferons le point sur la situation, et accueillerons différents intervenants, tels que des gendarmes et des pompiers, afin qu’ils partagent leur réflexion et leur ressenti sur le sujet. » État, région, communes, les acteurs sont multiples. et les institutions devront décider d’une solution de prise en charge de ces animaux. Pour que l’espace public puisse enfin dire adieu aux veaux, vaches et cochons.
Les travaux sont arrêtés pour cette année et la route est de nouveau ouverte , mais avec une vitesse limitée à 30 km/h.
La demande formulée par l’entreprise TERRACO concernant la pose de revêtement provisoire pour la période hivernale ( enduits de scellements considérant que le des enrobés) considérant que le revêtement provisoire engendre une perte d’ adhérence et des projections de gravillons, il est nécessaire de mettre en place pour les usagers de la route une limitation de vitesse à 30 km/h.
une limitation de vitesse à 30km/h pour tous les véhicules sera mise en place sur la RD 39 au PK précités, à compter de la date de signature du présent arrêté jusqu’au 30/04/2023.
Divagations, maladies, fraudes aux aides agricoles. ce dispositif cylindrique en céramique. Appelé « Bolus Électronique ››. serait la solution tout indiquée à de nombreuses problématiques en lien avec l’élevage. C’est en tout cas le choix privilégié par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire en ce qui concerne les cheptels de bovins dans l’île. D’abord pour prévenir la prolifération de la tuberculose bovine, maladie présente en Corse. et ensuite afin de pouvoir mieux identifier les animaux, chaque bovin devra être « équipé ›› de cette puce électronique dès la fin de l’année 2022.
Obligation effective en 2026
Largement développé en Espagne. ce dispositif n’est pas encore très répandu en France ,mis à part pour suivre les troupeaux atteints de maladies. Une vaste opération va être lancée par la direction régionale de l’alimentation. de l’agriculture et de la forêt (Draaf) dès le mois de décembre en Corse pour déployer le Bolus auprès des éleveurs volontaires. Parallèlement à cette mise en place. une nouvelle réglementation interdisant 1’accès aux abattoirs à tout bovin non équipé du dispositif fait son apparition. Sachant que |’État tolère un délai de mise en œuvre de trois ans sous certaines conditions. ce qui rend l’obligation effective à l’horizon 2026.
Le principe est simple et indolore : le Bolus est ingéré par l’animal et s’installe par gravité dans le rumen de la vache, autrement dit. son premier estomac. Il va y demeurer toute sa vie et sera récupéré lors de l’abattage. Il peut être contrôlé. comme la puce d’un animal de compagnie. Grâce à un bâton de lecture qui renvoie le code d’identification de l’appareil. La campagne de pose va s’opérer sur une armée minimum, précise Lia Bastianelli, cheffe du projet identification – Bolus à la Draaf de Corse. Le Bolus, dont la pose est effectuée et prise en charge par 1’État, permet d’améliorer l’identification des animaux.
Même un animal qui aurait perdu une ou deux boucles aura toujours son Bolus, ce qui permettra de retrouver son propriétaire et son historique sanitaire. Il ne sera plus possible également de modifier l’identification d’un animal, comme lors de vols de bovins, en débouclant et en rebouclant l’ animal avec de nouvelles boucles. » Le choix de l’île comme région d’implantation du dispositif s’est fait en raison du caractère spécifique des élevages corses. Une pratique à majorité extensive qui s’accompagne d’une transhumance ,et parfois d’une libre circulation des troupeaux favorisant la perte; des boucles d’identification auriculaires et des vols de cheptels.
Critère d’éligibilité aux aides agricoles
« Nous allons débuter la campagne auprès des éleveurs dès le mois de décembre ,commune par commune, reprend la cheffe de projet, Les éleveurs seront contactés individuellement pour se voir proposer un rendez-vous. La priorité pour nous est d’équiper les bovins éligibles aux aides couplées bovines puisque, sans Bolus au 15 octobre 2023, aucun éleveur ne pourra toucher les aides Pour 2023, on estime devoir équiper un peu moins de 30 000 bovins, un nombre qui correspond aux cheptels composés de tout ou partie de bovins éligibles. ›› Au total, soixante mille bovins sont déclarés dans les bases de données mais les autorités estiment qu’une partie d’entre eux ne seraient pas équipés car « soit ils sont fictifs, soit ils divaguent et n’ont donc pas de propriétaire sollicitant la pose d’un1 Bolus, soit ils seront abattus car l’éleveur souhaite arrêter ce type d’élevage. »
Si la Draaf précise qu’il n’y a aucune obligation à équiper son troupeau, pour l’éleveur, la perte économique constitue un réel risque puisqu’aucun animal non pucé ne sera accepté à terme dans un abattoir de l’île. De plus, le Bolus deviendra obligatoire en 2024 ou 2025 pour tout éleveur qui souhaite toucher l’indemnité compensatoire de handicaps naturels {ICHN}, une aide qui s’applique lorsque les conditions de productions sont plus difficiles qu’ailleurs, notamment en raison de contraintes naturelles.
Des contrôles facilités
Le contrôle des animaux présentés à l’abattoir sera ainsi simplifié, mais ce sera aussi le cas des contrôles administratifs sur le terrain portant sur l’identification des cheptels. « Le contrôle de l’existence des bovins n’était pas. jusqu’à présent, pratiqué de manière systématique. observe Lia Bastianelli. À ce jour; un travail est en cours entre les services de l’État et les BDE (Établissement départementaux d’élevage) pour mettre en place davantage de visites sur les exploitations, en particulier celles pour lesquelles des anomalies sont constatées. Le Bolus fait partie des outils permettant de renforcer le système d’identification des bovins. C’est un point important car il a parfois été constaté, dans certains dossiers d’éleveurs, I ‘existence de bovins présents dans les bases de données mais absents sur l’exploitation. »
Ce nouveau dispositif d’identification est donc censé régler la problématique des fraudes et permettre de « concentrer l’enveloppe des aides de la PAC (Politique agricole commune) sur des éleveurs engagés dans une démarche de développement technico-économique et sanitaire de leur troupeau et qui valorisent leur production bovine corse », conclut la cheffe de projet. Il faut comprendre que l’enveloppe d’aides est fermée, c’est- à-dire que le montant est fixe et divisé par le nombre d’éleveurs éligibles toute espèce confondue. Depuis la mise en place de cette aide en Corse, le nombre de bovins a énormément augmenté, réduisant mathématiquement les aides allouées aux autres filières, sans pour autant générer plus de viande bovine valorisée à la vente. Dernier point, et non des moindres. le Bolus pourra permettre de différencier plus spécifiquement les animaux qui transhument de ceux qui divaguent à l’état sauvage, puisque ces derniers ne seront pas équipés, réduisant ainsi le risque sanitaire qu’ils représentent.
NICOLAS WALLON
« Dans l’esprit populaire, éleveur est égal a voleur, déplore Cyril Caria, éleveur bovin installé sur la commune de Linguizzetta. La grande majorité des éleveurs essayent de faire leur travail correctement. On a de beaux produits et on gagne notre vie. Nous essayons de redorer l’image de notre filière. Je suis président d’une association d’éleveurs. Nous sommes une vingtaine et appliquons la même charte de qualité. Ça nous permet d’être réguliers sur la qualité des produits. ››
« Redorer l’image de la filière ››
Pour lui. l’implantation du Bolus n’est pas une mauvaise chose. Il espère qu’i1 sera un argument supplémentaire pour prouver toujours plus la bonne volonté des éleveurs, aussi bien vis-à-vis de la population que de l’État. « À cause de l’image ternie de notre filière, on doit toujours se justifier On va devoir être encore plus irréprochables et c’est un atout d’identification supplémentaire qui va mettre fin, pour nous, au vol d’animaux. On espère pouvoir redorer I ‘image de notre profession », ajoute-t-il. Cyril Caria attend également, qu’avec cette nouvelle mesure, l’État sera plus « apaisé » et réduira ses contrôles. « Il est important pour nous de réduire la pression en matière de suspicion de fraudes. .Il y a beaucoup trop de contrôles. Notre effort est un message positif il faudra ensuite que chacun de son côté joue le jeu. ››
Du côté de Serra-di-Ferro, sur l’exploitation bio de jacques Abbatucci, même son de cloche. « J’ai d’ores et déjà fait la demande pour qu’on programme l’installation des Bolus sur mon exploitation. signale-t-il. j’ai trois cents vaches en extensif c’est très important pour moi. Il faut montrer patte blanche, c’est la meilleure chose que l’on puisse faire pour la filière. Nous allons éviter toutes les médisances et mettre fin à la triche et aux problèmes sanitaires ››.
« Il faudrait plutôt développer la filière ››
Pour d’autres éleveurs, l’application du Bolus est vue comme une mesure « destructrice » pour la filière, voire un moyen d’y mettre un terme. « Plutôt que de régler les problèmes, on cherche à supprimer la filière, lance Joseph Colombani, agriculteur et président de la chambre d’agriculture de Haute-Corse. Au lieu de venir taper sur les doigts des éleveurs, on devrait les rendre moins dépendants aux primes en développant un projet global autour de la production bovine en Corse. Aujourd’hui’, nous importons 80 % de la viande bovine consommée dans l’île alors que nous pourrions mieux structurer la filière, comme cela a déjà été fait pour la viticulture et l’agrumiculture par exemple. Je préférerais une réflexion positive plutôt que destructive. ›› Sa crainte est de voir au fil du temps le nombre d’éleveurs diminuer, trop contraints par les réglementations et des systèmes trop lourds à mettre en place. Il pointe notamment du doigt le manque d’équipements, d’organisation du marché. de problèmes de tarifications et de fonciers et dénonce la discrimination faite à l’encontre des éleveurs corses à travers cette mesure. « il n’y a qu’en Corse que les aides vont être conditionnées à l’implantation du Bolus, c’est discriminatoire ! Les problèmes sanitaires sont pointés du doigt mais ils sont infimes. La filière bovine a des problèmes qu’il est important de régler et nous avons fait des propositions en ce sens. Il y a les problèmes de divagation sauvage, du nombre de bovins déclarés par rapport à la production de viande qui en résulte. Il faut arrêter de dire que si la filière ne se développe pas c’est parce que les éleveurs sont des fraudeurs .’ »
« Pas vraiment sans risque pour l’animal ››
Joseph Colombani appuie sa position sur d’autres éléments, comme celui de la souffrance animale. « Implanter un Bolus est un acte vétérinaire qui nécessite, pour ne pas prendre de risque, de bloquer l’animal. Or. Il ya très peu d’exploitations chez nous équipées de systèmes de blocage. Si on introduit mal le dispositif l’animal peut en mourir. C’est déjà arrivé chez nous De plus, si la première implantation est financée par 1’État, celles des veaux des années suivantes seront probablement à la charge de l’éleveur ce qui engendre des frais vétérinaires supplémentaires. » Il pointe également du doigt l’absence de réflexion sur les opérations d’identification pérenne généralisée (IPG) menées par les chambres d’agricultures et la nécessité de s’équiper de bâton de lecture de Bolus, des surcoûts pour les vétérinaires et les institutions alors que d’autres systèmes d’identification, moins onéreux et basés sur l’ADN des animaux. auraient été proposés. Une opposition à la démarche du ministère qui vaut à la chambre d’agriculture de Haute-Corse d’avoir d’ores et déjà saisi un avocat pour dénoncer son caractère discriminatoire.
Martín Baghioni – premier adjoint au maire de Castellare di Mercoriu et ancien président de la com’com E Tre Pieve – et Pierre Taddei – maire de Bustanicu – ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Et leur plume la plus acérée. Le 1″‘ octobre dernier, ils ont organisé une réunion qui a rassemblé quelques communes du Boziu. D’autres sont venues s’agréger ensuite au mouvement qu’i1s essaient de créer : celui d’une meilleure reconnaissance du rural et de ses problématiques. Et pour mieux faire entendre leur voix, ils ont rédigé un courrier, qu’ils ont expédié aux grands électeurs, sénateurs, députés, présidents des associations de maires, de l’Exécutif, de l’Assemblée de Corse, etc. « Nous sommes partis de problématiques nationales, expose Pierre Taddei, pour descendre jusqu’aux enjeux locaux. Il ne s’agit pas d’une démarche politique, mais de faire remonter les difficultés que nous rencontrons. Dans les discussions qui sont menées avec L’État, nous constatons que le rural est oublié. »
Un statut du rural Le premier point abordé dans le courrier de neuf pages concerne la loi N0TRe et « ses effets désastreux ››. « Dans le cadre des discussions actuelles avec l’État, dit le courrier; (il faudra) définir un véritable statut du rural qui devra être partie intégrante du nouveau statut d’autonomie de la Corse. ›› Si les deux élus reconnaissent « des efforts de la part de la CdC notamment concernant la dotation quinquennale qui a été augmentée », ils affirment aussi « que ce n’est pas suffisant ». « Des bruits ont couru. Rapporte Pierre Taddei, sur la disparition de cette dotation. Si c’était te cas, nous n’aurions plus qu’à mettre la clé sous la porte. » « il faut réécrire la toi NOTRe, abonde Martin Baghioni, en tenant compte des remontées du terrain faites par les élus. On parle d’un statut spécial pour la Corse, cela doit en faire partie. » Et c’est d’autant plus imponant qu’en 2026, les communautés de communes récupèrent la compétence « eau et assainissement ››, avec son cortège de nouvelles dépenses auxquelles elles ne: pourront pas faire face. Martin Baghioni et Pierre Taddei parlent ,encore « de la problématique des droits de succession », « des charges sociales pour les entreprises », des services publics ou encore de la loi Montagne. Autant de sujets qui pèsent lourd et qu’un statut spécifique au rural permettrait de résoudre.
Dotation, divagation et logements Viennent ensuite les sujets propres au territoire et qui « inquiètent beaucoup d’élus ruraux ››. En premier lieu, le courrier revient sur la dotation quinquennale : « Face a des rumeur de suppression de cette dotation vitale ,pour nos communes de montagne, nous avons besoin d’être rassurés sur le maintien et la revalorisation nécessaire de cette dotation quinquennale, compte tenu de la hausse des prix des travaux des entreprises en relation avec la crise économique actuelle. Supprimer la dotation quinquennale des communes rurales serait contraire a tous les discours que nous entendons depuis 2015 sur la politique de la montagne. ›› Il y a aussi la divagation animale, le danger qu’elle représente. les dégâts qu’elle cause. Et une nouvelle réglementation que les élus ne comprennent pas : « Depuis 2015 et le nouveau règlement des routes de la CdC, nous ne sommes plus autorisés à installer des passages canadiens sur les routes départementales. C’est une décision que nous n’avons pas comprise et nous demandons à revenir dessus. » Pierre Taddei ajoute les logements communaux et l’impérieuse nécessité pour les communes d’en construire. afin de lutter contre la désertification. Mais « même si les projets sont subventionnés a 80 % sur le hors taxe, la TVA ne revient pas pour ce type d’opérations d’où un autofinancement communal relevé a 30 % qui est insupportable pour nos petites communes rurales à budgets modestes. L’instauration d’un taux de subvention a 90 % pour ce type de projets permettrait de ramener la part de l’autofinancement communal à un taux raisonnable et habituel de 20 % ».
Syvadec, routes et fibre
Les deux élus pointent .également du doigt le Syvadec, sa « politique inflationniste et le besoin vital d’un plan d’aide financière de la CdC ». Ils jugent que le système actuel ne fonctionne pas. et plaident pour la mise en place d’une « véritable péréquation, pour que le prix de la tonne dans les zones pauvres soit plus bas que dans les zones riches. Avant-dernier point, les routes qui relient les villages, dont beaucoup demeurent dans un état exécrable « malgré les efforts qui ont été faits ›› et demandent un plan urgent de réfection et de réhabilitation. Le courrier se referme sur l »installation de la fibre : « Ces derniers mois nous sommes plusieurs Communes du rural à être témoins de l’installation de la fibre sur nos territoires. Sur le fond nous sommes très satisfaits de cette volonté. Sur la forme, malheureusement, cela pose de nombreux problèmes qui risquent de pénaliser nos villages à court terme. En effet, les câbles sont installés de très mauvaises façons, certains passent dans les arbres sans aucun élagage au préalable avec un risque de rupture en cas de neige ou de fortes intempéries, d’autres sont posés sur des arbres sans poteaux avec a nouveau des risques de cassures en cas d’intempéries, alors que d’autres encore sont trop bas et traversent la route risquant d’être touchés par des camions. » Des revendications « légitimes », portées « dans le seul intérêt de nos territoires ruraux à forts handicaps » et qui ont été cosignées par les communes de Castellare di Mercoriu, Bustanicu, Tralonca, Mazzola, Sermanu, Rusiu, Carticasi, Cambia, Erone et Lanu.
La destruction du pont sur la Casaluna, déjà sévèrement entamée par la crue de novembre 2016, et son remplacement par une nouvelle structure a suscité un tollé de la part d’une partie des élus et habitants concernés (voir par ailleurs). Mais si l’opposition a fait grand bruit, les soutiens ont décidé, eux aussi, de se faire entendre. Ainsi, les maires des communes d’Aiti, Cambia, Castineta, Erone, Gavignano, Lano, Morosaglia, Rusio et Salicneto ont cosigné une lettre adressée au président de l’exécutif, Gilles Simeoni, pour leur affirmer leur soutien.
La proposition de la Collectivité de Corse pour la construction d’un nouveau pont nous parait la meilleure. Elle assure la sécurité des usagers et peut faire face à de plus volumineuses crues sans danger. Elle nous parait la meilleure solution pour apporter à nos villages l’ouverture nécessaire à leur développement. » ont écrit les élus dans le courrier que nous avons |pu consulter, précisant toutefois que la destruction de l’ancien. pont était « regrettable », mais nécessaire. En effet, les élus et leurs administrés ont subi de lourdes conséquences suite à la destruction du pont sur la Casaluna en 2016. Itinéraires rallonges, réseau secondaire endommagé par les camions… les contraintes ont été importantes.
« La meilleure solution à apporter ››
« Les communes ont pu mesurer leur dépendance à ce pont pour leur vie économique. Sociale et sanitaire (élevage, charcuterie. travaux publics… ). Le détournement par Morosaglia ou Aiti s’est avéré problématique en particulier les jours de pluie. Ces routes qui rallongent les distances n’ont pas été construites pour le passage des camions et des engins nécessaires aux activités citées. ›› Car, selon Antoine Simonpietri, maire de Saliceto et à l’origine du courrier, si cette destruction est regrettable, elle n’en est pas moins nécessaire : « J’ai discuté avec les techniciens, essayé de comprendre pourquoi l’on ne pouvait pas sauvegarder la partie restante. Il semble que les restes du pont forment un goulot sur la rivière, et que s’ils étaient laissés en place, cet effet perdurerait et mettrait en danger tant la ruine que la nouvelle structure. De plus la circulation est importante à cet endroit, notamment de camions et d’engins très lourds, auxquels l’ancien pont n’était pas adapté, c’est pour cela qu’il fallait une nouvelle structure. Quoi qu’il en soit, même si c’est dommage, le plus important pour nous est que ce qui s’est produit en 2016 ne survienne plus, et nous voulons mettre toutes les chances de notre côté pour ne plus nous retrouver isolés, ni continuer d’endommager le réseau secondaire, déjà en mauvais état. »
Une capacité de crue deux fois supérieure
Ce que les édiles regrettent aussi, c’est de n’avoir pas été concertés lors de la protestation, parfois fort virulente sur les réseaux sociaux. C’est pourquoi ils ont « cherché à comprendre cette décision ››. Les explications données par les services techniques leur ont donc paru suffisamment pertinentes pour donner lieu à ce courrier de soutien à la Collectivité de .Corse qui gère routes et ponts dans l’île. En effet, depuis le second Empire, date de construction de l’ouvrage original, la circulation et les engins ont bien évolué, et l’on comprend aisément le traumatisme subi lors de la crue de 2016, ainsi que les aléas dus à la structure provisoire, en place depuis plusieurs années. « Déjà. avant 2016, le pont avait subi des dommages. Nous avons fait toutes les études nécessaires, et la structure est géométriquement incompatible avec les débits de crue enregistrés, expose Loïc Morvan, directeur du service des routes auprès de la CdC, nous avons donc décidé d’un nouvel ouvrage, avec une capacité de crue deux fois supérieure ri celle de l’ancien. Nous avons réellement étudié toutes les solutions possibles pour conserver l ‘ancien pont, mais cela était impossible. Ce n’est pas un plaisir de devoir détruire un ouvrage, mais ce n’est pas une solution de confort, et bel et bien la seule possible. »
« D’un point de vue patrimonial, les ouvrages sont nombreux sur la Casaluna, et certains d’entre eux feront l ‘objet de valorisation », ajoute le directeur. En conclusion, les élus « appuient sans aucune réserve la proposition faite par la CdC ›› et remercient son président pour « l ‘attention et le soutien apportés à nos villages. ››
Un mémorial sera néanmoins mis en place avec les pierres restantes de l’ancien pont afin de ne pas perdre l’aspect historique et affectif de la structure emportée.